Ce n’est pas d’hier que la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) défend le respect de l’autonomie et du jugement professionnel des enseignantes et enseignants. Elle a par ailleurs profité de l’étude du projet de loi no 40 qui a modifié la Loi sur l’instruction publique (LIP) au début de 2020 pour exercer une fois de plus un syndicalisme professionnel. En effet, si au moment de son dépôt, ce projet de loi était essentiellement négatif, la FSE-CSQ a fait bien plus que le dénoncer. Elle a aussi proposé des solutions et des modifications. Grâce à cette posture professionnelle, la FSE-CSQ a influencé l’évolution du projet de loi avant son adoption sous bâillon et, de cette façon, a obtenu de nouveaux droits pour le personnel enseignant.

La FSE-CSQ a déployé l’offensive professionnelle Maîtres de notre profession! afin de les expliquer et de les défendre.

Les trois nouveaux droits  :

  1. L’expertise pédagogique inscrite clairement dans la loi

L’adoption du projet de loi n0 40 a apporté des changements aux droits des enseignantes et enseignants rendant des plus explicites la reconnaissance de l’expertise pédagogique du personnel enseignant.

Par ailleurs, le ministre de l’Éducation ne pouvait être plus clair à propos des modifications à la loi :

« Donc, on dit : toi, comme enseignant expert, tu dois prendre des modalités pour faire l’intervention pédagogique. Donc, c’est toi et personne d’autre, comme enseignant expert, qui s’occupe de la pédagogie. On dit ici : “L’enseignant a le droit de diriger la conduite du ou des groupes qui lui sont confiés… de choisir la démarche pour la préparation et la présentation de ses cours.” »

La position de la FSE-CSQ :

Nous sommes Maîtres de notre profession! 

  • Nous sommes des professionnelles et professionnels de l’enseignement et, à cet égard, nous ne pouvons être relégués à un rôle d’exécutant de pratiques pédagogiques imposées.
  • Les recherches en éducation alimentent nos choix d’approches et de méthodes pédagogiques, mais ne doivent pas les dicter.
  • Bien qu’une concertation soit possible en matière d’évaluation, l’uniformisation des pratiques évaluatives ne peut pas nous être imposée.
  • Nous devons être consultés dans la décision de passage d’un élève de l’éducation préscolaire au primaire et du primaire au secondaire.

Pour plus de détails, consultez La Dépêche FSE ou visionnez cette capsule vidéo.

  1. La compétence exclusive du personnel enseignant concernant l’attribution d’un résultat suivant une évaluation

Depuis le 1er juillet 2021, la compétence exclusive du personnel enseignant concernant l’attribution d’un résultat suivant une évaluation est reconnue explicitement dans la LIP.

Comme l’a rapporté le Journal de Québec :

« M. Roberge souhaite ainsi protéger les enseignants des modifications de note imposées par des directions d’école, mais également les mettre à l’abri des pressions de parents, qui espèrent voir le résultat de leur enfant rehaussé. »

La position de la FSE-CSQ : Nous sommes Maîtres de notre profession!

  • C’est nous qui déterminons les résultats suivant une évaluation. Toute manipulation de résultats par qui que ce soit est interdite par la loi.
  • La direction doit nous justifier par écrit sa demande de révision d’un résultat.
  • À la suite d’une demande de révision d’un résultat, nous avons le choix de le maintenir ou de le modifier à la baisse ou à la hausse selon notre jugement professionnel.

Pour plus de détails, consultez La Dépêche FSE ou visionnez la capsule vidéo.

  1. Formation continue

Quant à la formation continue, les enseignantes et enseignants ont l’obligation depuis le 1er juin 2021 de compléter 30 heures d’activités de formation continue sur une période de deux ans.

Une « activité de formation continue » est une activité structurée à laquelle l’enseignante ou l’enseignant participe, notamment un cours, un séminaire, un colloque ou une conférence. La lecture d’ouvrages spécialisés est également reconnue. Est aussi visée toute participation à titre de formatrice ou formateur à une telle activité.

L’obligation est accompagnée d’une autonomie à l’égard du choix des activités de formation suivie en fonction de ses besoins.

L’intention du ministre Roberge ne peut être plus claire :

« On vient écrire en toutes lettres, dans la Loi sur l’instruction publique, qu’on reconnait la grande expertise pédagogique des enseignants, […] qu’on reconnait que ce sont eux et personne d’autre qui choisissent leur formation continue. »

Malgré la clarté de la LIP et la volonté exprimée par le ministre de l’Éducation, des centres de services scolaires tentent de restreindre cette autonomie dans les choix des activités de formation continue du personnel enseignant. La FSE-CSQ et ses syndicats affiliés veillent au grain et entendent faire respecter les droits des enseignantes et enseignants. Pour en savoir davantage, consultez cette infographie  préparée en décembre 2021.

La position de la FSE-CSQ :

À cet égard, nous sommes Maîtres de notre profession!

  • Nous nous formons déjà, et ce que nous faisons doit être reconnu. La loi établit clairement que le choix des activités de formation nous appartient afin de répondre à nos besoins.
  • On ne peut pas nous imposer une activité de formation continue que nous n’avons pas choisie individuellement ou collectivement [2].
  • On ne peut pas nous imposer des modalités de reddition de comptes en lien avec cette obligation de formation continue.

Pour plus de détails, consultez La Dépêche FSE sur le sujet et visionnez la capsule vidéo.

La FSE-CSQ a créé une application Web, l’appliProf, pour faciliter la compilation des heures de formation continue effectuées.

Si vous vivez des problématiques en lien avec le respect de votre expertise pédagogique, l’attribution de vos résultats suivant une évaluation ou le choix de votre formation continue, contactez votre syndicat local.