Le nombre croissant de projets sélectifs, comme Sport-études ou les programmes d’éducation internationale, combiné à l’intégration plus importante des élèves en difficulté en classe régulière, a fait en sorte que la classe régulière n’a plus rien de régulier.

L’intégration des élèves en difficulté devait s’accompagner de services professionnels et de soutien pour épauler les élèves et le personnel enseignant. Cependant, les services promis n’ont pas été au rendez-vous.

Dans certains milieux, une classe régulière peut être composée de 40 % d’élèves ayant des besoins particuliers, voire plus. Par conséquent, les élèves à risque ou en difficulté sont concentrés dans les mêmes classes, sont privés de la présence d’élèves plus forts et le personnel enseignant peine à réaliser sa mission première, soit enseigner. Cette situation est d’autant plus malheureuse que de nombreuses recherches démontrent qu’une plus grande mixité d’élèves dans les classes favorise la réussite de ceux en difficulté, sans nuire aux plus doués.

La FSE-CSQ réclame des classes mieux équilibrées

La FSE-CSQ explique cette situation à chaque occasion qui lui est offerte. Elle réclame depuis de nombreuses années que des correctifs soient apportés à la composition de la classe et propose des solutions novatrices pour l’améliorer.

Dans le cadre de la négociation 2020, la FSE-CSQ a obtenu :

  • L’ajout sur 3 ans de 225 classes spécialisées supplémentaires pour le réseau public dans le but d’améliorer la composition de plusieurs classes;
  • L’ajout de groupes réguliers au primaire dans les milieux difficiles autres que les milieux défavorisés (40 M$ par année dès 2021-2022 permettant d’ouvrir jusqu’à 300 classes de plus par année;
  • Une baisse de ratio de 1 élève par classe au préscolaire (4 et 5 ans) en milieux défavorisés (milieux cotés 9 et 10);
  • 6 M$ pour des mesures additionnelles de soutien aux enseignantes et enseignants et aux élèves en milieu défavorisé, incluant les milieux cotés 7 et 8 (préscolaire, primaire et secondaire);

L’inclusion d’une annexe à la convention collective qui met en place un comité de travail syndical et patronal accompagné d’un conciliateur afin de trouver des solutions concrètes et significatives aux problématiques liées à la composition de la classe. À défaut d’un rapport conjoint produit par les parties, le conciliateur fera son propre rapport qui sera transmis au ministre.

Il est acquis que les démarches afin d’améliorer la composition de la classe se poursuivront dans le cadre de la négociation qui s’amorce. La FSE-CSQ y travaille déjà dans le cadre de la préparation de la prochaine négociation et du comité de travail prévu à la convention collective. La FSE-CSQ y met beaucoup d’énergie afin d’obtenir des résultats concrets pour le personnel enseignant qu’elle représente. C’est le quotidien des enseignantes et enseignants et des élèves qui sera amélioré du même coup.

Puisque la composition actuelle de la classe amène une complexité et une lourdeur dans la tâche des enseignantes et enseignants, l’améliorer est sans contredit une solution à la pénurie de personnel enseignant.